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La peur peut être mauvaise conseillère même quand les intentions sont bonnes.

Dans cet article, j’aborde les points suivants :

  1. La peur de l’humiliation
  2. La peur comme moteur de bienveillance
  3. Avancer en dépassant ses peurs
  4. Cinq clés pour confronter ses peurs
  5. Un maxi-résumé
peur

La peur de l’humiliation

Imaginez-vous la situation suivante. Alors que vous finalisez vos préparatifs de mariage, vous découvrez que votre fiancé/e vous trompe et pire encore qu’il/elle attend un enfant avec un/e autre personne. Quel scandale Votre monde s’écroule alors. C’est le choc. Vous niez l’évidence, refusez de croire ce qu’on vous raconte. Serait-ce une mauvaise blague ? Ce n’est pourtant pas le cas. Alors, du plus profond de vous, c’est une explosion d’émotions. Parfois incontrolables, elles s’emparent de tout votre être. Colère, choc, rage, sentiment de trahison, déception, tristesse et j’en passe. Vous explosez. Il vaut mieux alors vous éviter.

Une fois le choc passé, il est temps de choisir de quelle manière répondre à cette trahison. Pensons à toutes ces célébrités qui étalent les infidélités de leurs conjoint/es sur la place publique. N’aurions-nous pas, nous aussi tendance à en faire de même sur la « place publique » de nos familles, amis et autres relations; voir sur les réseaux sociaux.

La Bible nous raconte le récit d’un homme qui est passé par tous ces états d’âmes, Joseph (Matthieu 1.18-25). Dans sa tristesse, dans sa colère, il va réfléchir à faire tout ce qui est nécessaire pour sauver la face. Et, de son point de vue, la meilleure manière de sauver la face est de cacher les choses honteuses. Il ne faut pas que cela se sache. Car cela ferait du tort à tout le monde.

Le spectre de la honte publique

Face à la honte publique qui leur tend les bras, Joseph décide de trouver une voie qui les protègera lui et sa fiancée. Cela peut passer pour de la bienveillance, mais j’émet l’hypothèse que c’est la peur de l’humiliation qui en est le moteur.

En tant qu’homme et en tant que victime, Joseph n’avait que peu à craindre ; quelques moqueries tout au plus. Marie, elle, risquait gros. C’est sa vie tout entière qui pouvait basculer dans l’exclusion de sa communauté et de la société. En cela, Joseph est un homme juste car il savait qu’en se protégeant lui, c’est aussi Marie qu’il protégeait.

Face à une trahison, aurions-nous également la force de chercher une solution qui évite à la victime et au coupable d’être humilié publiquement ?

Texte de référence

Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par l’action du Saint-Esprit.
Joseph, son fiancé, qui était un homme juste et qui ne voulait pas l’exposer au déshonneur, se proposa de rompre secrètement avec elle.
Comme il y pensait, un ange du Seigneur lui apparut dans un rêve et dit: «Joseph, descendant de David, n’aie pas peur de prendre Marie pour femme, car l’enfant qu’elle porte vient du Saint-Esprit. Elle mettra au monde un fils et tu lui donneras le nom de JésusJésus: nom qui signifie l’Eternel sauve, l’Eternel délivre. car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.» Tout cela arriva afin que s’accomplisse ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: La vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et on l’appellera Emmanuel, ce qui signifie «Dieu avec nous».
A son réveil, Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait ordonné et il prit sa femme chez lui, mais il n’eut pas de relations conjugales avec elle jusqu’à ce qu’elle ait mis au monde un fils auquel il donna le nom de Jésus.
Evangile de Matthieu 1.18-25

La peur comme moteur de bienveillance

Le mot grec utilisé dans ce passage pour décrire les émotions de Joseph est enthumeomai qui signifie ruminer des pensées, réfléchir, délibérer. Ce mot prend racine dans le mot thumos qui décrit la passion, la chaleur, la colère immédiate ou encore l’accès de rage.

Joseph tergiverse. Il est emprunté. Sous le coup de la colère, il cherche désespérément une solution satisfaisante. Joseph est un homme juste, une bonne personne. Il est motivé par la volonté de protéger sa fiancée qu’il aime encore. Mais, il ne trouve pas de solution satisfaisante.

Depuis combien de nuit ne dort-il pas ? Depuis combien de temps, ne trouve-t-il pas la bonne sollution à cette situation. Il ne désire pas transformer sa fiancée en pestiférée dans sa famille et dans la société. Mais il ne sait que faire.

Besoin d’un déclic

 

Une nuit, alors qu’il ressasse cette situation, il fait un songe. Ce songe provoquera en lui un déclic.  C’est comme si tout prenait sens en lui. Dorénavéant, il savait ce qu’il fallait faire et surtout il avait compris pourquoi il ne parvenait pas à trouver de solution. Le problème n’étaient pas ses intentions. Le problème était sa motivation profonde, sa propre peur : peur du jugement, peur du rejet, peur des moqueries, peur du déshonneur, peur des accusations, peur de l’humiliation, peur…peur…peur…

À travers ses intentions bienveillantes, c’est lui-même qu’il tentait de protéger.

Cette prise de conscience va radicalement changer ses perspectives et la solution va s’imposer d’elle-même. Jusque là, la stratégie qu’il cherchait à mettre en place est la stratégie de la fuite. la fuite sous couvert de bienveillance. Mais ce n’était pas satisfaisant. Il aurait pu attaquer Marie et la rejeter publiquement. Il aurait pu rester tétanisé, victime, observateur de l’enchaînement des conséquences. Non, il a chercher à fuire.

Face à la peur, nous avons généralement trois réactions : la paralysie, la fuite ou l’attaque. Pourtant, il reste une quatrième voie, celle de la confrontation.

Avancer en dépassant ses peurs

Entrer dans ce processus, n’est pas quelque chose d’anodin. Cela va nous pousser à sortir de nos retranchements. La fuite en avant, la confrontation ou la paralysie ne seront plus des options. La marche en avant avec détermination, le pas probablement tremblant,

peur respect

ATTENTION

Il n’est pas question dans cette réflexion de valoriser l’adultère, un système patriarcale ou de forcer des couples à demeurer ensemble quoi qu’il arrive. Le respect de soi et de l’autre est une valeur importante et d’autres voient de sortie de crise existent.

L’objet de cette réflexion est la prise de conscience de la peur et de trouver un/des moyen(s) d’y faire face.

Ce sont ces principes qui peuvent ensuite être appliqué à chaque situation.

5 clés pour confronter ses peurs

Avant toute chose, la question ne réside pas à combattre, à ignorer ou à tenter par tous les moyens d’éradiquer la peur. Non.

Pour confronter sa peur, il faut commencer par la nommer.

La peur et toutes les angoisses qu’elle engendre est une réalité permanente de nos vies. Ainsi, chacun met en place des schémas de défenses pour apprendre à vivre avec elle. Faites une recherche sur le web et vous découvrirez une panoplie de suggestions. Voici quelques pistes que je vous suggère :

  1. Se connaître – connaître ses valeurs, ses principes de vie, ses objecifs.
  2. Se donner le droit d’avoir peur. Nommer sa peur.
  3. Prendre de la hauteur. Identifier et comprendre la/les dynamiques enclanchées par la peur. Comprendre d’où elle vient.
  4. Nommer ce qui compte vraiment. Affirmer pour soi-même : J’ai peur mais ce n’est pas la peur qui va dicter sa loi.
  5. Trouver la voie du courage qui vous permettra de continuer à avancer selon vos valeurs tout en assumant vos peurs.

Dans ce témoignage de Joseph, nous voyons qu’il réalise que le problème fondamental c’est la peur pour sa propre sécurité. « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. »

La voie du courage qui fait sens alors pour lui est la suivante :  se tenir aux côtés de Marie et assumer avec elle cette situation. Dépasser les qu’en dira-t-on et les apparences (victime d’une trahison), car les enjeux sont bien plus important. Il réalise également que les enjeux ne le concerne ni lui, ni elle, mais leur projéniture. En d’autres termes, il est invité à prendre de la hauteur pour discerner les véritables enjeux : la vie du petit bébé qui s’appelera Jésus.

Reprenons les points précédents :

  1. Joseph se connait, il sait qu’il est un homme juste qui a des principes.
  2. Il a peur de l’humiliation publique et de la mauvaise image qu’il va transmettre.
  3. Joseph réalise que l’important ce n’est ni lui et sa réputation, ni sa fiancée et sa réputation, mais l’enfant à venir qui a besoin d’eux.
  4. Il reconnaît que l’attitude juste à avoir dans sa situation et dans son contexte est de se tenir aux côtés de son épouse/fiancée et de faire front commun. (Pas la fuite, ni la paralysie, ni l’attaque)
  5. Il trouve une série d’actions à mettre en place : protéger sa femme et l’enfant à venir et les reconnaître tous les deux en épousant la première et en donnant son nom à l’enfant.

En résumé pour surmonter ses peurs il faut…

  1. Connaître ses valeurs / principes
  2. Nommer sa peur
  3. Comprendre la peur en soi
  4. Nommer ce qui compte vraiment
  5. Trouver un plan d’action

  

 

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Philippe Cavin - à propos

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